lundi 18 novembre 2013

Droit devant

Ne pas se poser de questions et avancer. Retenir ce qu'il me dit "Trop de choses à faire en même temps ? Prends un bout de la pelote qui dépasse, et déroule... "
Alors je prends un bout, tire et déroule, calmement. Et quand j'arrive au bout du fil, j'en prends un autre... Simple hein ? Bon, y'a des fils que je fais exprès de ne pas voir, faut bien l'avouer... pourtant, il faudra bien en passer par là !

La renarde a vu son futur-ex-mari s'engager fortement dans les démarches du divorce, elle n'a qu'à suivre, facile et les choses avancent (vite). La renarde l'a vu aussi commencer à se créer une nouvelle vie, mais loin. Elle comprend son envie de retrouver la mer, elle la partage, mais elle a du mal à imaginer que les enfants vont se contenter de si peu voir leur père, puisqu'il part à plus de 900 bornes s'installer. La renarde le laisse faire ses essais, son premier départ absence-test et reste observatrice de tout cela... Par contre La renarde se projette dans sa nouvelle vie, son nouveau quotidien, celui où il n'y aura plus qu'elle, avec ses renardeaux et quelques aides satellitaires autour, et ça, ça la fait sourire.

La renarde commence à voir le bout du tunnel de ses merdasses pros. Oh ! pas tout ! Il y a encore de gros noeuds pas beaux à démêler, mais elle avance doucement. Elle a vu un avocat conseil, elle sait ce qui est possible ou pas, elle y voit plus clair, c'est déjà ça...

La renarde recommence à se voir travailler, a repris un rythme journalier précis... S'est inscrite à des concours, des dossiers d'intérim précis...
La renarde consacre tous ses après-midis à l'écriture sérieuse...
Bref... la machine repart doucement !

mercredi 16 octobre 2013

Vorce

- "Dis "Vorce" !
- Vorce !
- c'est bien..."


Je fais la maline et pourtant il n'y a pas de quoi rire. "Divorce", voilà bien un mot qui me tournait autour depuis des années et si je me suis mise à penser et parler de séparation, c'est bien parcequ'au fonds de moi j'avais cette idée en tête : me séparer de cet homme-là, ne plus partager la totalité de ma vie mais... casser le mariage qui m'unit à lui ? j'ai toujours eu du mal avec cela. Il y a quelque chose d'éternel dans notre union, qui va bien au-delà de nos quatre enfants.
J'ai lancé une première fois ce maudit mot en juillet, et mon mari l'a accueilli avec du regret dans la voix "tu crois qu'on va divorcer ?" et presque de la crainte dans le regard... "je ne sais pas, un jour peut-être ?" effectivement je n'en savais rien. Je sentais bien qu'une partie de moi aspirait à totalement se libérer, mais cette partie-là était encore bien étouffée, cachée, au fond de moi. Le reste s'accommodait très bien de notre cohabitation amicale et du status quo en cours. Bref, l'impression d'avoir lancé un mot inapproprié. Ce n'était pas le moment.
Et puis le temps a passé. Son lien avec sa copine s'est renforcé, ses sentiments pour elle se sont affirmé... et son envie de vivre avec elle est né. Elle ne souhaite pas être la compagne d'un homme marié, ce qu'on peut comprendre, et lui donne donc comme unique condition pour le rejoindre, qu'il ait divorcé.
Le voici alors qui se met à parler divorce, soit. L'idée fait son chemin en moi aussi. Tout doucement. Je suis contente de voir qu'il y pense aussi, qu'il avance.
Et nous voilà en octobre lorsque tout à coup il prend des renseignements, RV avec l'avocat conseil, et pousse à divorcer rapidement... 4 mois tout au plus, puisque c'est à l'amiable et qu'on est d'accord sur tout.
Et là, je me retrouve confronter à ce que j'avais un peu laissé de côté : l'idée de casser notre mariage, de renoncer totalement à cet homme-là, de tourner complètement la page.. de faire le deuil du couple qu'on était.
Et je me rend compte que je ne suis pas prête du tout. Je sais que je n'ai pas le choix et, ironie du sort, c'est bien moi qui ai lancé le processus. Je sais que je ne regrette pas de me séparer de lui et je veux être totalement libre dans les bras de celui qui embellit ma vie. MAIS... mais c'est pas si simple que cela.
Difficile de lâcher totalement prise sur lui, moi qui dirigeais tout, de fait... Difficile d'imaginer le quotidien sans lui, nous qui étions si fusionnels dans notre façon de vivre... Difficile de faire le deuil qu'on m'annonce devoir faire, en fait.
Et je doute que ce soit le bon moment pour moi. Comme si je n'avais pas d'autres soucis tout aussi prenant. Inutile de mettre tout cela de côté, ce deuil à faire, et avancer avec oeillères... ça fera un retour de boomerang terrible dans quelques temps. Non, il faut tourner la page maintenant. Mais je ne m'en sens pas tout à fait capable.
Je crois que je m'apprête à tirer encore sur la corde, jusqu'au bout... Je n'ose imaginer ce qu'il se passera quand elle cassera. Car elle va casser, c'est certain, j'abuse tellement de traction...

Me voilà endettée à ne savoir comment m'en sortir, débordée à ne plus savoir comment rattraper un retard endémique, fatiguée à ne pas me reconnaître moi-même... et endeuillée malgré moi à me dépatouiller avec ça.
Je m'accroche à Son amour, si beau, si touchant, si portant... mais cela suffira-t-il à me tenir la tête hors de l'eau ?
S'accrocher carrément à Lui ? il en est juste hors de question... aucune envie de le faire vaciller avec moi.

Allez, ce n'est qu'une page à tourner, une page que je tiens en l'air depuis si longtemps...

mercredi 2 octobre 2013

Oui la renarde chemine

Même contre le vent !!
(merci parrain)

Croisée de chemin (suite)

#2- La Renarde se sépare du père des renardeaux. Bientôt 18 ans de cohabitation plutôt heureuse, mais qui n'a plus lieu d'être.
Pour le moment la vie s'organise avec papa en bas, maman en haut, comme dans la chanson... mais papa cherche activement du boulot (il est au chômage depuis fin juillet) pour se trouver sa propre tanière en ville, à une heure d'ici.
Ils se renseignent sur les procédures de divorce, amiable, très amiable. Ils parlent librement de tout et sont principalement d'accord, sur le fonds comme la forme.
La Renarde gardera ses renardeaux chez elle, le toit est gratuit et spacieux. Pas de déracinement pour eux, et l'aide de la mère de la Renarde à proximité. C'est précieux.
Le père des renardeaux ne pensait pas demander plus que les fameux "un week end sur deux et la moitié des vacances scolaires" mais la Renarde s'est offusquée ! Les renardeaux ont profité de la présence paternelle 24h/24 pendant 12 ans, ne le voir qu'une semaine sur deux semble totalement aberrant ! La Renarde souhaite qu'il vienne dîner avec eux au moins une fois par semaine et qu'il tente de leur accorder, même si c'est à tour de rôle, au moins un de ses jours de repos de la semaine. De toutes façons il pourra librement venir voir ses renardeaux, qui pourront aussi aller le voir autant qu'ils veulent, mais la Renarde insiste sur le fait que les adultes ne doivent pas négliger la quantité de présence paternelle et y veiller sérieusement.
Quant aux vacances. Les élèves en ayant tellement plus qu'un adulte condamné aux 5 semaines par an, la Renarde pense que le pater devra se conserver une partie de ses propres vacances sans ses enfants, pour son plaisir et celui de sa compagne, pour souffler de tout. Donc pour le coup, que la convention ne lui donne pas des obligations de garde excessives durant les périodes de vacances.

La Renarde espère que son actuel conjoint trouvera vite du boulot et un logement. La situation actuelle est trop pleine de ?? pour être agréable. Où vivra-t-il ? à quel rythme bossera-t-il ? On ne peut rien prévoir tant qu'on ne sait pas cela.

Quant au divorce, elle n'était pas prête pour le demander de suite, mais c'est lui qui en a parlé.
Certes c'est elle qui lui a avoué ne plus être amoureuse il y a un an. Certes c'est elle qui a demandé de faire chambre à part début juin. Certes c'est elle qui l'avait trompé, puis conservé un amant dont il connaissait l'existence, avant que lui ne retrouve son amie. Certes.
Mais finalement c'est lui qui souffre d'avoir encore un lien marital avec elle. C'est lui qui veut que sa compagne ait une place plus officielle rapidement. C'est lui qui a demandé à divorcer vite et entrepris les premières démarches.
La Renarde voulait rompre son lien marital pour être libérée et libérer son mari. Finalement il la quitte pour une autre, ce qu'elle ne fait pas. C'est un peu le monde à l'envers, et ça bouscule par la rapidité du retournement de situation.

Ils vont donc rapidement divorcer, c'est ainsi. Et c'est sans doute mieux. Divorcer tant que l'entente est parfaite, tant qu'aucune tierce personne ne puisse influencer les décisions, tant que la situation économique permet de le faire à moindre coût. Et puis ce sera fait, comme de toutes façons il n'est pas question de remettre cette décision en cause.

La Renarde constate qu'une page se tourne.
Elle en est apaisée.

Une autre pourra s'écrire, mais rien ne presse, vraiment. Et puis chaque chose en son temps.

Croisée de chemin

Avant de sortir de sa tanière, en s'étirant, la renarde fait le point sur sa vie. Analyser le passé qui l'a conduit là pour en préserver le bon et éviter le mauvais. C'est parfois douloureux, mais nécessaire.

#1- LaRenarde n'a plus de revenus. Clôture de sa profession libérale en cours, elle n'a pour l'instant aucun statut et droit à rien. Au mieux ce sera quelques euros du RSA et c'est tout. Peu importe, la question est surtout... que faire ?

Les données :
- on ne vit pas avec 4 enfants de l'air du temps. Le RSA ne suffira pas à la famille, et le couple se séparant, ça n'arrangera rien. Il faut donc trouver le moyen de rentrer de l'argent.
- la renarde est lasse, très lasse. La fin de son activité libérale s'est mal passée et l'a laissée en mauvais état, surtout intellectuellement. Elle sait qu'elle n'aurait pas de difficulté à se vendre mais qu'elle serait incapable d'assumer derrière. A quoi bon se griller auprès de potentiels employeurs ? Ne vaut-il pas mieux attendre d'être réparée pour bosser ?
- la renarde écrit depuis 30 ans. Les amis lecteurs de la renarde la pousse à se faire publier depuis plus de 15 ans. La renarde a une opportunité d'écriture avec publication qu'elle saisit. La renarde aimerait prendre cela comme un tremplin et conserver du temps à consacrer sérieusement à l'écriture. Pas sur un coin de bureau un sandwich à la main entre midi et deux. Pas le soir en rentrant crevée du boulot. Non, du vrai temps de qualité pour écrire.

Alors que faire ?
Reprendre une activité à responsabilité qui permettrait à la famille de souffler financièrement ? Rembourser les dettes (merci maman), finir les travaux de la maison, permettre aux enfants de poursuivre leurs activités et leur offrir encore du rêve ?
Oui, mais... Mais ça veut dire déjà être capable d'assurer au taff et ça, c'est pas dans l'immédiat. Ca veut dire forcément à une heure de route de la maison. Ca veut dire beaucoup d'heures par semaine. Ca veut donc dire beaucoup de garderie (coûteuse en plus) pour les enfants et donc perte de leur qualité de vie actuelle. Ca veut dire n'être encore pendant des années qu'un rapporte-pognon et mettre de côté ses passions, par fatigue excessive. Ca veut dire ne pas se mettre à écrire.

Se contenter du RSA, pension, démerdes et petites ventes ? Ainsi préserver la qualité de vie et s'occuper des enfants (rattraper les années d'absence où le père s'en occupait seul). Ainsi pouvoir écrire dans de bonnes conditions. Ainsi avoir le temps de se reconstruire à l'abri de la pression du boulot.
Oui, mais... Mais ça veut dire une précarité financière énorme, une situation toujours tendue. Ca veut dire les dettes qui ne seront pas vite remboursées et vont miner le moral.

Cumuler les petits boulots à la place du RSA ? Genre un boulot alimentaire à mi ou trois-quart temps, un truc où on ne réfléchit pas + reprendre la couture et vendre un peu (les marchés de Noël approchent) etc...
Ca revient un peu à ce que je disais ci-dessus. Avec la difficulté de trouver un boulot pas trop loin à temps partiel qui paye plus que de ne rien faire au RSA. Et ça c'est pas gagné !

Ou alors gagner au loto.
Bref, la Renarde est un peu paumée quant à son avenir professionnel et financier (c'est lié).

mardi 1 octobre 2013

Réveil

Elle ose enfin ouvrir un oeil, timide. Constat douloureux sur sa vie mais elle ne ferme plus les yeux dessus. Ouvrir un oeil, l'autre. S'éblouir de sa propre lumière, s'habituer, doucement. Accepter ce que l'on est.
Elle hume l'air ambiant, méfiante. Narines discriminantes, elle saura éviter les dangers, les écueils. Elle cherche Son odeur, doux parfum qui l'attire dehors.
Elle se déplie, se redresse, s'étire. Muscles endoloris, poils ternes et collés. Elle s'ébroue et retrouve son corps. Apprendre à l'habiter de nouveau, l'accepter dans ses imperfections, le chérir tel qu'il est et qu'il sera. Car elle en prendra soin.

La renarde se réveille. Encore en sa tanière, elle se panse. Elle se pense au dehors bientôt, se remettre en chemin, Le retrouver.