- "Dis "Vorce" !
- Vorce !
- c'est bien..."
Je fais la maline et pourtant il n'y a pas de quoi rire. "Divorce", voilà bien un mot qui me tournait autour depuis des années et si je me suis mise à penser et parler de séparation, c'est bien parcequ'au fonds de moi j'avais cette idée en tête : me séparer de cet homme-là, ne plus partager la totalité de ma vie mais... casser le mariage qui m'unit à lui ? j'ai toujours eu du mal avec cela. Il y a quelque chose d'éternel dans notre union, qui va bien au-delà de nos quatre enfants.
J'ai lancé une première fois ce maudit mot en juillet, et mon mari l'a accueilli avec du regret dans la voix "tu crois qu'on va divorcer ?" et presque de la crainte dans le regard... "je ne sais pas, un jour peut-être ?" effectivement je n'en savais rien. Je sentais bien qu'une partie de moi aspirait à totalement se libérer, mais cette partie-là était encore bien étouffée, cachée, au fond de moi. Le reste s'accommodait très bien de notre cohabitation amicale et du status quo en cours. Bref, l'impression d'avoir lancé un mot inapproprié. Ce n'était pas le moment.
Et puis le temps a passé. Son lien avec sa copine s'est renforcé, ses sentiments pour elle se sont affirmé... et son envie de vivre avec elle est né. Elle ne souhaite pas être la compagne d'un homme marié, ce qu'on peut comprendre, et lui donne donc comme unique condition pour le rejoindre, qu'il ait divorcé.
Le voici alors qui se met à parler divorce, soit. L'idée fait son chemin en moi aussi. Tout doucement. Je suis contente de voir qu'il y pense aussi, qu'il avance.
Et nous voilà en octobre lorsque tout à coup il prend des renseignements, RV avec l'avocat conseil, et pousse à divorcer rapidement... 4 mois tout au plus, puisque c'est à l'amiable et qu'on est d'accord sur tout.
Et là, je me retrouve confronter à ce que j'avais un peu laissé de côté : l'idée de casser notre mariage, de renoncer totalement à cet homme-là, de tourner complètement la page.. de faire le deuil du couple qu'on était.
Et je me rend compte que je ne suis pas prête du tout. Je sais que je n'ai pas le choix et, ironie du sort, c'est bien moi qui ai lancé le processus. Je sais que je ne regrette pas de me séparer de lui et je veux être totalement libre dans les bras de celui qui embellit ma vie. MAIS... mais c'est pas si simple que cela.
Difficile de lâcher totalement prise sur lui, moi qui dirigeais tout, de fait... Difficile d'imaginer le quotidien sans lui, nous qui étions si fusionnels dans notre façon de vivre... Difficile de faire le deuil qu'on m'annonce devoir faire, en fait.
Et je doute que ce soit le bon moment pour moi. Comme si je n'avais pas d'autres soucis tout aussi prenant. Inutile de mettre tout cela de côté, ce deuil à faire, et avancer avec oeillères... ça fera un retour de boomerang terrible dans quelques temps. Non, il faut tourner la page maintenant. Mais je ne m'en sens pas tout à fait capable.
Je crois que je m'apprête à tirer encore sur la corde, jusqu'au bout... Je n'ose imaginer ce qu'il se passera quand elle cassera. Car elle va casser, c'est certain, j'abuse tellement de traction...
Me voilà endettée à ne savoir comment m'en sortir, débordée à ne plus savoir comment rattraper un retard endémique, fatiguée à ne pas me reconnaître moi-même... et endeuillée malgré moi à me dépatouiller avec ça.
Je m'accroche à Son amour, si beau, si touchant, si portant... mais cela suffira-t-il à me tenir la tête hors de l'eau ?
S'accrocher carrément à Lui ? il en est juste hors de question... aucune envie de le faire vaciller avec moi.
Allez, ce n'est qu'une page à tourner, une page que je tiens en l'air depuis si longtemps...
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